Berger 2020

Date
23 juillet 2020

Durée
BRANQ01 15h00 - BRANQ02 12h - BRANQ03 27h30

Type de sortie
Camp
Département
Isère (38)

Massif
Vercors

Commune
Engins

Photos







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Descriptif / Compte-rendu
On en parlait depuis le mois de janvier, l’idée d’aller au camp annuel de dépollution du Berger avait fait son chemin, nous avions même eu peut que l’évènement soit annulé à cause de la crise épidémique actuelle, mais le rassemblement est finalement maintenu. L’équipe des « Branquignoles » se regroupe mercredi 22 juillet à Bois Barbu, aux environ de Villard-de-Lans, venant de plusieurs régions (Nancy pour Sylvain et Marion, Marseille pour Vincent, Etienne et Adrien et Grasse pour Lucas et Arthur. Pourquoi ce nom ? Apparemment une connaissance des sudistes les aurait qualifiés de tels lors du début de l’organisation.

A notre arrivée, les prévisions météo viennent encore d’évoluer, de beau fixe on était passé à orageux, et le beau temps revenait. Juste l’orage de bienvenue à laisser passer et le Berger nous accueille à bras ouverts.

Dernier préparatifs, au camp de base et l’équipe se met en route vers le parking de la Molière, point de départ de la marche d’approche, pour y passer la nuit. Il a été décidé de constituer 3 sous-groupes :

  • BRANQ01 constituĂ©e de Sylvain et Vincent qui comptent ne pas perdre de temps et qui ont pour objectif de se coucher Ă  une heure raisonnable avec pour objectif le fond.

  • BRANQ02 constituĂ©e d’Etienne et d’Arthur qui sont encore indĂ©cis quant Ă  leur objectif. Soit le fond si la forme et les motivations sont au rdv, -640 si ce n’est pas le cas. Le but Ă©tant de suivre les BRANQ01 jusqu’à ce qu’ils aillent trop vite.

  • BRANQ03 constituĂ©e de Marion, Lucas et Adrien, qui s’arrĂŞteront Ă  -640 faute de condition physique suffisante.



L’horaire de départ a également été modifié, un groupe de scientifique (dont Stéphane Jaillet fait partie) a prévu de descendre à 7h pour faire des prélèvements de sédiments au Grand Canyon. Nous pensions que cet horaire nous était réservé et que nous commencerions tous ensembles. Il est donc décidé que BRANQ01 et BRANQ02 partiront du parking de la Molière à 5h30 (levé 5h) pour pouvoir descendre avant l’équipe scientifique, BRANQ03 partirai aux alentours de 07h pour ne pas gêner ces derniers dans leur progression.

5h : Le réveil sonne, les équipes BRANQ01 et 02 se lèvent, Arthur n’a dormi que 2h30, excitation, bruit des voisins, réveil en pleine nuit à cause de Vincent parti se soulager, les raisons sont nombreuses et s’accumulent, avec sa nuit précédente de 5h la forme et petite.

5h40 : Départ du parking de la Molière, toutes les affaires sont rangées dans les voitures et la marche d’approche débute sous les lumières de l’aube. Les équipes hésitent un peu sur l’itinéraire, personne ne connait le chemin. Sylvain était bien présent au camp l’an passé mais sa descente avait été repoussée à cause de secours en cours puis annulée à cause de la météo.

7h : Les deux premières équipes descendent enfin dans le gouffre mythique. Tous les puits sont équipés en double, une corde en direct pour la descente, une fractionnée pour la remontée. Priorité aux personnes remontant évidemment, mais on n’en croisera pas dans les puits.

7h30 : Après avoir croisé une équipe d’autrichiens au bas du magnifique puits du Cairn et dans le méandre au prix de contorsions pas toujours évidentes (surtout pour les spéléos sortants), l’équipe BRANQ01 prend ses distances avec BRANQ02, ils ne se recroiseront que bien plus tard. L’équipement du méandre nous interroge, des passages exposés équipés en main courante succèdent à des passages du même type non-équipés, des planches en bois vermoulues sur lesquelles on ne marche que d’un pas mal assuré sont calées en travers, on a d’ailleurs raison de ne pas s’y fier vu le nombre de leurs semblables qui gisent au fond.

Au bas du puits Aldo (-256), les dimensions de la galerie principale surprennent, la galerie est large, le plafond est haut, on entend du bruit derrière nous, les scientifiques seraient-ils déjà là ? Nous n’avions pourtant pas eu l’impression de traîner… Il s’agit en fait d’Edouard, un jeune spéléo de 24 ans qui fait partie de l’organisation qui nous explique être descendu pour rééquiper le puits de l’Ouragan avant que les BRANQ01 n’y arrivent. Il partira aussi sec, n’ayant pas de temps à perdre.

Etienne et Arthur cheminent donc à travers la Grande Galerie, le lac Cadoux, le Grand Eboulis sans difficultés notables à part les nombreux ralentissements dû à la beauté et au gigantisme des galeries.

9h10 : Arrivé en vue de la superbe salle des Treize et du bivouac de -500, Arthur sent que la fatigue est importante et qu’il faut s’arrêter. La décision de faire une sieste au bivouac s’impose. 1h d’arrêt, avec un café fournit par Etienne et sa légendaire cafetière spéléo et on avisera pour savoir si l’on continue ou s’il sera temps de faire demi-tour. L’heure de pause se composera de 2 siestes de 15min dans les tentes confectionnées en couvertures de survie et chauffée par les bougies perso, la phase de sieste étant interrompue en son milieu par le passage de l’équipe des scientifiques (qui a dit encore ?).

10h10 : Verdict. Arthur va beaucoup mieux, la sieste l’a requinqué. Les prévisions météos étant bonnes sur plusieurs jours d’affilés, l’équipe BRANQ02 décide donc de se mettre en route pour le fond après avoir laissé des affaires sèches pour le retour.

Arrivés juste avant les Couffinades, une corde remontante pend du plafond jusqu’au sol avec un bout de rubalise à son extrémité. Ayant lu que le passage des Couffinades était équipé en hauteur pour éviter de se mouiller, et que la marche d’approche était balisée avec le même genre de rubalise, Etienne s’engage. Arrivé en haut des 2 volées de 20m, dont la deuxième comporte une déviation avec un mousqueton tellement corrodé qu’il ne s’ouvre pas, des amarrages douteux et une main courante équipé en cordelette de 6 ou 7mm, tonchée à son extrémité, l’équipe BRANQ02 fait un amer constat, ce n’est pas le bon chemin, jamais un camp ne prendrait la responsabilité de faire passer des centaines de personnes sur ce genre d’équipement. C’est un détour de 45min que l’on aura fait avant de retrouver Edouard qui revient de sa pointe au puits de l’Ouragan et qui nous confirme non-seulement que ce n’est pas le bon chemin, mais aussi que c’est à ce même endroit que le jeune Félix s’était perdu l’année passée et où les secours l’avaient retrouvé. Il nous donne des nouvelles de nos camarades qui n’ont apparemment pas chômé, ils devraient être au fond et amorcer la remontée et nous rassure sur la météo qui est donnée pour bonne et stable.

Les Couffinades passent facilement, c’est beau, un peu sportif mais largement faisable. S’ensuit le réseau des Cascades et ses nombreux rappels guidés. Cette zone n’est pas rééquipée à neuf et, comment dire …, ça se voit ! De nombreuses cordes guides sont tonchées à un point où elles ne tiennent que par quelques brins d’âme et le dernier rappel guidé réussi même cet exploit de combiner ces 2 configurations : corde guide tonchée et corde de rappel amarrée sur cette même corde guide… on serre les fesses, mais ça passe.

A la sortie du réseau des Cascades, on entend du bruit et on voit des éclairs. Un orage sous terre ? non ! Il s’agit de l’équipe des scientifiques qui prennent des photos pour illustrer le levé topo qu’ils viennent de réaliser. On s’arrête environ un quart d’heure, le temps de leurs demander des explications sur leur opération. Le but est de dater le quartz contenu dans les sédiments prélevés afin de le dater par luminescence stimulée optiquement (méthode OSL) et de le situer par rapport aux périodes de glaciation.

La descente du Grand Canyon est quelque peu glissante, les cordes présentent nous aident à ne pas partir trop vite et seront le bienvenu au retour, même dans l’état déplorable où elles sont.

A la sortie du Grand Canyon, c’est la rencontre entre les équipes BRANQ01 et 02, Sylvain et Vincent sont en pleine remontée et Vincent s’est payé le luxe d’une douche sous la dernière cascade qu’il vient de remonter. Petit point entre nous, nous les prévenons que nous comptons aller voir le fond, mais que nous prendrons le temps nécessaire et qu’un arrêt sieste et d’ores et déjà prévu à la remontée au bivouac à -500, ils nous diront quant à eux qu’ils sont allés voir la galerie du bivouac Mélusine et qu’elle fait partie des zones les plus concrétionnées qu’ils ont vu. L’équipe BRANQ01 reprendra sa remontée à un bon rythme, rattrapera l’équipe BRANQ03 à la salle des Couffinades (-680) aux alentours de 16h et finiront par sortir en même temps que l’équipe de scientifique à 22h (TPST 16h20 pour BRANQ01 et 12h pour BRANQ03)

Le puits Gaché et la Grande Cascade sont impressionnants, on se mouille un peu et on arrive à la baignoire où l’on trouve très facilement la chatière grâce aux indications de l’équipe 01. Un petit passage au-dessus de l’eau verra Arthur chuter et se mouiller jusqu’au torse, histoire de se réveiller un peu puis c’est l’arrivée à la corde menant au bivouac Mélusine, en amont du puits de l’Ouragan.

16h : Pause déjeuner au bivouac Mélusine après avoir poussé un peu plus haut sur la coulée de calcite, on se répète, mais c’est très beau ! La pause repas sera suivie d’une sieste « minute » d’environ un quart d’heure, confortablement emmitouflés dans nos ponchos et chauffée par nos bougies.

Nous arrivons donc à la dernière verticale avant d’atteindre les -1000, le puits de l’Ouragan. Le « faible » débit d’eau le rend moins impressionnant que certains puits précédents, mais tout de même, que d’embruns ! La dernière ligne droite jusqu’à l’affluent -1000 est franchie allégrement, la cascade surplombant une vasque turquoise fait forte impression, nous continuons encore un peu dans le lit de la rivière avant de s’arrêter là où il nous semble devoir se mouiller pour continuer (on apprendra que l’équipe 01 aura poussé un peu plus loin).

La remontée s’amorce, on récupère des déchets au niveau de la bifurcation de Mélusine, hors de question de ne pas en remonter !

19h30 : Arrivée à la baignoire le timing donné pour la remontée sur la topo nous semble surévalué ; Cependant, nous appréhendons 2 obstacles en particulier, le réseau des Cascades et sa multitude de cordes tonchées et l’enchainement final de puits. Nous croiserons un groupe d’espagnols allant vers le fond avec qui il sera compliqué d’échanger, même en anglais.
Les galeries se suivent et s’enchaînent et Etienne commence à accuser le coup. Le réseau des Cascades se passe sans difficulté et sans se mouiller, la poulie bloqueur est une vraie aide à la remontée en lieu et place d’une poulie simple. Les Couffinades sont passées en force car on sait que l’on est proche de la sieste.

01h : On arrive enfin au bivouac -500, Arthur qui appelle Etienne qui peine à l’arrière se fait répondre à l’avant en anglais, et pour cause, un groupe de spéléo anglais a décidé de passer la nuit à -500 avant d’aller le lendemain à -640 pour rebrousser chemin. En effet, le temps était donné pour menaçant et les organisateurs ont préféré restreindre la cavité à cette profondeur pour la journée.

Un repas (chaud pour Etienne) prit et des habits secs enfilés, nous nous essayons tant bien que mal de s’endormir pour reprendre des forces. A la question « A quelle heure on met le réveil ? » Etienne a répondu « Pas de réveil, on verra bien », la fatigue doit vraiment se faire sentir. Peu de temps après, l’arrivée de espagnols et leur installation nous empêchera de fermer l’œil tout de suite. Les bougies chauffent la tente, mais le froid se fait toujours sentir (l’idée de garder les chaussons néop aux pieds n’était vraiment pas la bonne). On cherche la bonne position, on tente l’introduction d’une bougie sous le poncho en position allongée (Etienne le paiera de 4 trous dans son magnifique poncho ACS tout neuf), c’est la première fois que je passe une « nuit » sous terre.

05h : 4h ont passées durant lesquelles on a pu manger et somnoler un peu, on a pu ainsi reprendre quelques forces mais il serait contre-productif de rester plus longtemps, le froid se fait sentir. On se remets donc en route, l’équipe avançant à un rythme hétérogène on prendra le temps nécessaire pour ne pas se séparer.

07h : Arrivée en bas des puits, c’est le début du second obstacle que nous appréhendions. Nous remonterons assez lentement, mais surement en restant le plus « groupé » possible sans pour autant trop perdre de temps. Les puits sont finalement de dimensions raisonnables et les fractionnements bien appréciés et cette appréhension, comme la première, n’était finalement pas justifiée. On aura la chance de ne croiser absolument personne dans le méandre, ce qui nous permettra de ne pas avoir à faire de gymnastique désagréable.

10h30 : Sortie du gouffre pour l'Ă©quipe BRANQ02, TPST 27h30.

Entre le temps de se changer en partie, de ranger en partie nos affaires, de répondre à un groupe de randonneurs curieux et à un spéléo anglais venu se remémorer de vieux souvenirs, nous serons de retour au parking de la Molière à 13h30, la marche de retour ne s’étant pas spécialement faite au pas de course.
Le contact est repris avec les équipes BRANQ01 et 03 pour leurs dire que l’on est bien sorti et ils nous proposent de les rejoindre à une brasserie de Sassenage pour manger après avoir prévenu l’organisation que nous étions dehors.

15h30 : L’heure d’un vrai repas bien mérité.

17h : Les équipes BRANQ01, 03 et Arthur iront visiter la grotte touristique des Cuves de Sassenages en profitant (sur demande à la billetterie) d’un tarif réduit pour les spéléos et Etienne en profitera pour faire une sieste.

20h : Apéro ! On en profite aussi pour ramener nos déchets au camp de base, un peu plus de 4 kg pour les BRANQ02.

23h30 : L’ensemble de l’équipe des Branquignoles ira se coucher en profitant d’un ciel dégagé et de l’absence de pollution lumineuse pour observer la comète Neowise qui décroit en luminosité depuis déjà quelques jours.

Soyons sérieux et essayons de faire une nuit de 8h, demain y’a Gournier !

Compte Rendu de Lucas pour l’équipe BRANQ03



Participants

Sylvain L. , Arthur P.

Commentaires

Commentaire posté par G le G le 15/08/2020
J'aurais 20 ans et 30 kg de moins ça me donnerait presque l'envie d'y aller ... ;)

Commentaire posté par François L. le 11/08/2020
Bravo ! Merci pour le récit et la vidéo, ça donne envie d'y aller !!