Siphonnage Ă  Hotton

Date
21 avril 2023

Durée
7h

Type de sortie
Désobstruction/Première
Département
Etranger (E)

Massif


Commune
Hotton

Photos







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Descriptif / Compte-rendu
Participants: Arthur, Clément P, Yves (T&E).

Le week-end du parcours spéléo au fort de Barchon (voir compte-rendu dédié), Arthur et Clément P se sont motivés pour partir 1j plus tôt pour aller avancer le chantier à Hotton, accompagnés d'Yves (ASTC/T&E).

Rappel de l'état du chantier: L'accès au front de taille le plus avancé est maintenant mis au gabarit sur toute longueur, mais lors de la dernière séance en Décembre de l'eau a (re ?)fait son apparition au fond, rendant impossible l'avancée de la creuse.
Le début de l'hiver était sec, mais il a beaucoup plu en mars, laissant imaginer que le fond de la galerie était encore dans l'eau. Une visite de Serge quelques semaines avant le confirme: il y a encore de l'eau, même plus qu'en Décembre.

Pour un seul jour dans la grotte (avant de passer le week-end à Barchon), le programme est assez chargé:


  • essayer de siphonner l'eau de la dĂ©sob en direction de la rivière (pour voir si c'est faisable pour de "vraies" sĂ©ances Ă  suivre)

  • refaire la topo prĂ©cisĂ©ment, pour recaler la galerie des dĂ©tos, dans laquelle on creuse, comparĂ© Ă  celle du dromadaire qui se trouve au dessus. Recaler verticalement (siphonage) et horizontalement (voir si l'eau peut venir du dromadaire).

  • retrouver un burin perdu dans une des sĂ©ances prĂ©cĂ©dentes




Pour faire tout cela, on dispose d'un détecteur de métaux (mais qui marche à très courte distance), d'un DistoX (mais qui n'est plus étalonné et que ni Arthur ni Clément n'ont vraiment utilisé avant), et on a du tuyau d'arrosage mais pas de pompe (les discussions par mail n'ayant pas abouti avant le week-end).

Autant dire que tout est assez incertain, et qu'Ă  3 on sait qu'on ne pourra pas tout faire. Mais on va quand mĂŞme tenter de finir un ou deux points du programme.

Le soir au chalet, Arthur et Clément s'exercent sur le Disto avec l'aide de son manuel. L'appli n'est pas forcément des plus intuitives pour nous qui ne l'avions jamais vraiment utilisé, mais on arrive quand même à prendre quelques points, et on se dit qu'on devrait arriver à s'en servir sous terre (mais il faudra faire la calibration).

Le matin, on arrive à la grotte et on se change. Descente à 3 seulement, on est en petit comité. On prend avec nous les tuyaux d'arrosage dont les spéléos se servent de temps en temps pour nettoyer des concrétions.

Reconnaissance dans la galerie du dromadaire et au fond de la désob: effectivement il y a encore plus d'eau qu'avant. Même l'entrée de la galerie des détos est humide, ce qui est une première depuis le début du chantier.
Au fond, l'eau est remontée et il y en a sur une (petite?) dizaine de mètres avant la cloche et la faille qui part à droite, sur une hauteur de minimum 30-40cm, et plus au fond.

On décide de commencer par le siphonage. Si ça ne marche pas, on fera la topo à la place (et même si ça marche, on aura le temps pendant que ça se vide).

On dispose de 3 tuyaux de "grosse" section (pour des tuyaux d'arrosage) et un 4eme de section plus faible. Dans la désob, on n'a pas de hauteur sous plafond, et on n'a pas non plus de pompe pour amorcer.
On décide donc de remplir les tuyaux dans la rivière, de les boucher, de les transporter pleins jusqu'au fond, de les raccorder sans laisser rentrer de bulle, puis là seulement de déboucher le tout pour amorcer le siphon.

Heureusement, il reste dans le matos 2 bidons de 20L pas encore découpés, qui nous serviront bien pour remplir les tuyaux d'eau.
Ca fait longtemps que les tuyaux sont stockés, à certains endroits ils sont pincés / pliés, et ces pincements ont tendance à se reformer, bouchant les tuyaux et faisant de la perte de charge. On finit par retirer tous les plis et par réussir à remplir tous les tuyaux.

On ferme tous les tuyaux, soit en les refermant sur eux-mêmes avec un raccord mâle<->mâle, soit avec des bouchons improvisés (bouchons en liège), et on remonte le tout au niveau de l'entrée de la désob.
On décide de n'utiliser que les tuyaux de grosse section, car il nous manque un raccord mâle<->mâle pour raccorder le dernier. Ça nous fait 120m de tuyau, on a peur d'être un peu juste et de ne pas arriver à la rivière (est-ce qu'on aura assez de dénivelé pour que ça siphonne suffisamment ?).

Remplir les tuyaux nous a pris plus de temps que prévu, on décide de manger avant de les installer. Arthur part également à la recherche du burin perdu avec le détecteur de métaux. Miracle: il le retrouve ! Première bonne nouvelle de la journée. Il était pile à l'endroit où il pensait l'avoir laissé, et où il avait pourtant fouillé la fois d'avant en remuant pas mal de glaise.

Installation des tuyaux: Clément se dévoue pour aller se mouiller au fond. L'extrémité est calée avec des pierres, de manière à être proche du fond mais sans aspirer la glaise.

On décide d'installer le tuyau mais de garder les bouts fermés le temps de l'installation. Il faudra donc revenir au fond (en rampant dans l'eau) pour retirer le bouchon au moment d'amorcer le siphon. Le raccord d'un tuyau au suivant se fait sur place, dans un seau d'eau pour ne pas laisser rentrer d'air. Pas évident de trimbaler un seau d'eau plein (et qu'il le reste) dans cette galerie à 4 pattes.

Une fois le tout installé, Clément retourne au fond retirer le bouchon, et rejoint les autres à la rivière pour le moment fatidique: ouverture du point bas, et vérification de l'amorçage ou non du système.
On va enfin savoir si on a fait tout ça pour rien ou pas ...

On ouvre le bouchon, et on plonge rapidement le tuyau dans le bidon semi-plein pour éviter une remontée de bulles d'air.

Le niveau d'eau du bidon monte, c'est bon signe .... il déborde ... jusque là tout va bien, mais on ne sait pas encore si ça marche ou si on vide juste le tuyau (une bulle d'air ayant pu tout désamorcer). Quelques instants plus tard, le doute n'est plus permis: l'eau devient couleur boue, on est bien en train de vider l'eau de la vasque ! Grand sourire de toute l'équipe, ça marche !

On estime un débit de 3.5L/min, ce qui n'est pas énorme, mais on a un tuyau d'arrosage de section moyenne de 120m de long, et avec des restes de pincements de part en part, donc on ne s'attendait pas à mieux.

Seul problème: l'installation a mis du temps, et il faut qu'on soit dehors dans 1h (horaires de la grotte touristique). On décide alors de laisser le système en place. Il va probablement vider une bonne partie de l'eau, puis se désamorcer et l'eau va revenir. Mais le tuyau sera en place, et le plan est de venir la fois suivante avec une pompe, de manière à ce que l'amorçage soit beaucoup plus rapide (voire que la pompe aide à vider plus vite).

On remonte plus légers qu'à l'aller (plus de tuyau à porter).
2 objectifs sur 3 réalisés, pas si mal ! D'autant que pendant l'installation du tuyau personne n'y croyait vraiment, ce fut donc une bonne surprise.

Mais la journée n'est pas finie. On profite du soleil en se changeant. Après les courses (et un petit repérage rapide dans un champ d'un chantoire impénétrable mais dont l'eau arrive dans la grotte), on va se ballader sur le chemin qui longe le chalet: il parrait qu'il y a des voies d'escalade au bout, on voudrait les repérer pour peut-être y faire une séance une prochaine fois.
Effectivement, il y a de jolies falaises (rochers de Rénissart), dans les mêmes strates relevées que la grotte d'Hotton (on est juste en face, de l'autre côté de la rivière). Le site est au bord de l'eau, il y a de quoi pique-niquer à côté, et ça a l'air très sympa. Ne reste plus qu'à trouver un topo et à revenir avec une corde. A faire pour une prochaine fois !

Retour au chalet avant l'orage, on attend le groupe parti de Paris ce vendredi soir pour dormir à Hotton, puis on enchaînera pour le reste du week-end sur le parcours du fort de Barchon, voir le compte-rendu dédié.

Le week-end suivant, des gens du SCB sont passés voir l'état du siphon. Ils ont confirmé que l'eau a significativement baissé (voir photos) et que comme attendu le tuyau s'est désamorcé.
Il reste de l'eau au fond, sans qu'on sache si c'est le niveau que le siphonnage a laissé ou si c'est de l'eau qui s'est ré-infiltré. Ce n'est pas remonté au niveau d'origine, donc si ça se ré-infiltre c'est plutôt à un rythme lent (ou lors de plus fortes précipitations en surface ?).
Mais dans tous les cas mĂŞme s'il n'y a plus d'eau lĂ  oĂą on doit creuser, on ne peut pas dire que c'est sec pour autant. La boue reste assez liquide, ce qui va compliquer la reprise du chantier.



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Clément P


Participants

Clément P. , Arthur P.

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