STAGE ÉQUIPIER ABÎMES - Partie 2

Date
Du 28 avril 2025 au 01 juin 2025

Durée
4 jours

Type de sortie
Formation à l'équipement
Département
Doubs (25)

Massif


Commune
Labergement-du-Navois, Boujailles, Nans-sous-Sainte-Anne, Arsure-Arsurette

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Descriptif / Compte-rendu
STAGE ÉQUIPIER ABÎMES - Partie 2 : La mise en pratique de l’équipement sous terre :

Objectif : Il s’agit de la 2ème session du stage équipier organisé par le CDS92, pour les futurs.es équipeurs et équipières du club Abîmes !
Suite au premier stage mi-mai qui s’est déroulé au Puiselet (Saint-Pierre-lès-Nemours), l’objectif ici est de mettre en pratique ce qui a été vu et appris (faire les noeuds adéquates, lecture de la cavité, raboutage de corde, jonction de corde, poser des spits, etc.) afin d’équiper une cavité correctement et bien entendu en toute sécurité.


Lieu cavités : Doubs/ Jura
Participant.e.s :
- Encadrants : Jean-Paul C et Clément P,
- Stagiaires : Romane, Joe, Émilie, Salomé

Cavités :
1/ Gouffre de Pouêt-Pouêt (Labergement-du-Navois, Doubs)
2/ Gouffre Didier (Boujailles, Doubs)
3/ Gouffre de la Découverte (Nans-sous-Sainte-Anne, Doubs)
4/ Baume à Bélard (Arsure-Arsurette, Jura)
5/ Baume de la Favière (Arsure-Arsurette, Jura)

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MERCREDI 28 MAI :


Départ d’Issy-les-Moulineaux vers 19H avec Clément P et Romane. Pas mal de bouchons pour sortir d’Ile-de-France avec le pont de ce long week-end.
Tiens on croise Christian sur une aire d’autoroute qui part direction le Vercors !

À minuit pile nous recevons une merveilleuse nouvelle de la part de l’autre groupe (Jean-Paul C, Émilie, Joe) qui avait une bonne heure d’avance sur nous : « Quelqu’un sait crocheter des serrures ? »
Nos aventures commencent bien !

Impossible d’accéder à la location, les clés sont enfermées dans la véranda : mauvaise coordination entre les propriétaires du logement.
Forte heureusement Adélaïde, la voisine d’en face nous accueille gentiment dans son garage pour la nuit.

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JEUDI 29 MAI :

Le problème du logement est rapidement réglé le matin, on ne perd pas de temps pour notre première sortie du week-end.
Un grand stage spéléo étant organisé dans le Doubs, par les locaux au même moment, pas mal de cavités sont occupées. Nous décidons donc de nous rendre dans des cavités moins connues et fréquentées, que les encadrants ne connaissent pas forcément non plus. Ce qui n’est pas plus mal pour bien travailler la lecture de grottes.
On décide du choix des cavités à équiper en fonction de cette information, on prépare les équipes ainsi que les kits matériels. Romane et moi, n’ayant pas de téléphones très adaptés à la promenade sous terre, je croque un dessin rapide afin recopier la topo issue d’un bouquin.

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ÉQUIPE 1 : Jean-Paul C / Romane / Salomé : Gouffre de Pouêt-Pouêt (Labergement-du-Navois, Doubs)

Nous mettons un petit temps à trouver le gouffre, troublés par les nombreuses entrées de terriers de blaireaux, nous avons été induit en erreur un instant. Entrée vers 12H30, Romane part devant équiper la première partie : R3 / P8 / R7. Les points en place ne sont pas optimaux et la corde frotte légèrement, Jean-Paul me suggère donc de trouver un endroit où poser un spit afin de créer une déviation qui supprimera ce léger frottement. Pendant ce temps, Romane progresse jusqu’au R7. Nous la rejoignons à ce niveau et je prends le relais pour équiper le puits de l’amitié de 22 m fractionné. Le passage juste avant la tête de puits est assez étroit, en somme pas très pratique. Je n’ai d’autre choix que de sortir de ma zone de confort en me suspendant dans le vide : ce qui me donne une bien meilleure visibilité sur les points. Chose faite, c’est parti ! Jean-Paul garde un œil derrière moi car je ne suis pas encore à l’aise à l’idée de descendre sur mes propres nœuds. Après le fractionnement, pas de bol, je me rends compte qu’il manque environ 3m de corde pour atteindre le fond du puits. L’heure passe et nous n’avons pas le temps de gratter du mou en retravaillant l’équipement pour espérer descendre plus. Nous décidons donc de remonter. Romane déséquipe la partie du fond qui est un peu plus exposée, histoire de sortir de sa zone de confort également, puis je m’occupe de l’entrée.

Nous sommes sortis du gouffre à 18H30, retour à la maison vers 19H (après avoir poussé la voiture qui s’était quelque peu embourbée dans la boue) où on retrouve l’équipe 2 déjà la bière à la main !
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ÉQUIPE 2 : Clément P / Émilie / Joe : Gouffre Didier (Boujailles, Doubs)
Par rapport à la fiche cavité, la description est bonne mais floue pour l’accès et les coordonnées GPS sont fausses.
Leur cavité était encore bien plus étroite que la notre, conclusion : une cavité inadéquate à un stage d'équipement.
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Le soir, chacun.e débriefe sur sa sortie et son équipement autour d’un bon chili con carne et on peu enfin profiter de notre première nuit dans la loc réservée.


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VENDREDI 30 MAI :

ÉQUIPE 1 : Jean-Paul C / Romane / Salomé - Gouffre de la Découverte (Nans-sous-Sainte-Anne, Doubs)

Avant de nous rendre au gouffre, on effectue quelques courses en chemin à Salins-les-Bains, afin de nous approvisionner pour le reste du week-end.

La marche d’approche fut bien plus rapide que la veille. D’autres spéléos ayant visité ce trou hier ont laissé des traces de leur passage dans les hautes herbes ce qui nous a facilité la tâche. Cette fois-ci j’équipe l’entrée, Jean-Paul me suit, et Romane ferme la marche en perfectionnement mon équipement. Je descends le premier puits, un P14. Il y a un passage étroit au début, puis j’installe une déviation. En descendant j’ai beaucoup de mal à lire la cavité à tel point que j’en loupe les points d’un fractionnement dans ce même puits. La corde frotte très légèrement. J’atterris sur un grand monticule de terre boueuse qui me salit rapidement ainsi qu’une bonne partie de l’équipement. Jean Paul me rejoint en ajoutant le passage du fractionnement manqué. Romane ajuste la déviation. Le puits 14 enchaîne sur un P9. Je vois les prochains points mais n’arrive pas à les atteindre. Je me remets donc sur la corde précédente du P14 pour me suspendre et ainsi me faciliter la tâche. Une fois tous.tes en bas du P9, Romane prend le relais pour l’équipement. Nous avançons dans un méandre assez étroit en file indienne et nous nous arrêtons devant un passage en opposition. Jean-Paul se sent moyen de continuer, Romane non plus et du coup, moi non plus. Nous décidons alors de rebrousser chemin et de remonter tranquillement. Romane n’ayant pas vraiment pu s’exercer à l’équipement durant cette journée, se charge de déséquiper ce que j’avais en partie mis en place. Conclusion de cette cavité : un sacré bourbier.

La sortie fut courte (sortie vers 15H), mais cela à largement suffit à nous rendre tout cracra (en seulement 2 puits) et cochonner la moitié du matériel. On profite donc de cette remontée avancée et de ce beau soleil pour aller laver cordes et kits dans la rivière du Lison à Nans-sous-Sainte-Anne.
Comme il nous restait du temps, Jean-Paul nous a emmenés voir le pont du diable et nous avons aussi fait une halte pour apercevoir de loin, l’entrée du Gouffre de la Baume St Anne qui est aujourd’hui interdit d’accès. Apparemment l’un des plus formidables abîmes de Franche-Compté situé au milieu d’un bosquet d’arbres sur terrain privé. Puis nous sommes rentrés tranquillement à la location. Nous avons profité de notre avance pour préparer les deux sorties du lendemain en répartissant la totalité des cordes qui équiperont les 2 cavités choisies. Nous nous sommes arraché les cheveux avec Romane pour perfectionner nos choix et faire les meilleures répartitions possible avec les différentes longueurs de corde à disposition ainsi qu’une fiche d’équipement manquante concernant la Baume à Bélard.

À leur arrivée, l’équipe 2 nous rejoint, nous vérifions en binôme d’équipier le choix et l’ordre des cordes à enkiter en fonctions de la topo.
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ÉQUIPE 2 : Clément P / Émilie / Joe - Gouffre de Pouêt-Pouêt (Labergement-du-Navois, Doubs)

De leur côté, l’équipe 2 s’est rendue à son tour au gouffre Pouêt-Pouêt. Ils sont allés bien plus loin que nous : jusqu’en bas du puits 22 de l’amitié, puis R6, méandre qui fume, P12 et P27). Pas de difficultés rencontrées de leur côté, un joli trou qui a été bien plus apprécié que le gouffre Didier de la veille !
Ils ont bien utilisé le spit qu’on a posé avec Jean-Paul, pas pour une déviation mais comme un point de main courante. Joe a équipé le début de la cavité et Émilie s’est occupée des choses plus techniques et engageantes comme les passages étroits.

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22H30 passé, le four nous pose quelques soucis à l’allumage. En attendant la croziflette on s’occupe pour oublier les estomacs qui gargouillent.
Une session révision de nœuds s’improvise dans le salon, sur la rambarde de l’escalier et le pied de Clément P faisant office d’amarrage naturel.

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SAMEDI 31 MAI :

Pour ce dernier jour sous terre nous changeons un peu les équipes ! Il s’agit de la dernière journée en cavité pour équiper, et aussi de la plus longue sortie durant le stage. L’objectif est d’utiliser toutes les cordes ainsi le matos à disposition pour aller le plus loin possible, avec une sortie prévue au plus tard à minuit max. Les 2 baumes choisies sont à proximité l’une de l’autre, dans le Jura.
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ÉQUIPE 1 : Clément P / Joe / Salomé : Baume à Bélard (Arsure-Arsurette, Jura)

Les kits ayant été préparés soigneusement la veille nous font gagner du temps pour le départ, ce qui n’est pas négligeable comme les cavités se situent plus loin que les précédentes visitées. On part d’abord récupérer le petit fossile d’ammonite que Clément P avait trouvé dans le Gouffre Didier puis oublié sur le parking. Mission accomplie !

Notre objectif pour cette cavité : utiliser toutes nos cordes pour arriver jusqu’en bas du P 43 fractionnées (-120m).
Je commence à équiper l’entrée vers 11h, Cela commence par un petit P3, puis P11 où je galère un moment à atteindre les points qui me semblaient hors de ma portée et me retrouve donc à m’exposer et me tortiller dans une position peu confortable pour les atteindre.
Toutes nos cordes tombent pile poil comme il faut, nous ne nous sommes pas arrachés les cheveux pour rien avec Romane !
Après vient le P22 fractionné. Heureusement pour moi je fais ma jonction de corde dans un endroit confortable ce qui m’a permis d’éviter des frayeurs en plein milieu d’un puits. Je descends lentement pour ne rien louper mais ne voit aucun point qui me permettrait de poser une dev ou de faire un fractionnement alors que je vois bien que la corde risque de frotter plus bas. Je tombe enfin sur des amarrages forés. Cela me permet de pratiquer le noeuds de tisserand avec la dyneema et la corde (chose que je n’avais pas expérimenté lors de mes précédent stage d’équipier) et de revoir la tension relâchée (chose que j’avais totalement oublié), sous l’oeil de Clément P qui vérifie mes manips. La corde arrive encore une fois pile comme il faut en bas du puits ! Joe avait bien fait d’embarquer un stock de dyneema important, car la plupart des spits étaient bouchés ou inexistants contrairement à ce qu’on avait pu lire dans les fiches équipement. La cavité a été entièrement rééquiper en AF (jusqu’à -120 de ce que l’on sait), ce qui m’a permit de bien travailler la lecture de grotte car je ne voyais absolument pas lunules sans l’aide de Clément P.
J’avais déjà bien froid en équipant le P22, lorsque Joe prend le relais de l’équipement, je décide enfin de me monter un point chaud en sortant ma couverture de survie, bien plié et neuve, se trouvant au fond de mon mini kit depuis des lustres. À l’ouverture, elle se troue à divers endroits (pas très pratique mais j’y passe tout de même un bon moment dessous). Au moment de la ranger en boule au fond d'un kit, elle se décompose en d’infimes paillettes, il y en a de partout ! Ok c’est noté il est temps que je m’achète un vrai poncho au congrès FFS.
Pas de difficulté pour Joe qui est bien plus à l’aise que moi à l’équipement, il s’occupe du P28, P8 et du P43 fractionné.
Nous atteignons le fond de notre objectif à 17h40 (-120m). Le temps de faire un petit spelfie puis nous remontons. Je déséquipe le fond, notamment le petit pendule (que je redoutais) histoire d’encore sortir de ma zone de confort, avec également quelques points assez éloigné que j’ai pu atteindre grâce à ma longue clé de 13 et quelques stalagmites où j’ai pu m’agripper pour y arriver ! Sortie vers 20h50, je suis accueillie à l’entrée par un orage, le vent se lève, ça commence à péter de tous les cotés, on ne perd pas de temps pour se changer !

On fait une halte au trou de l’équipe 2 histoire de vérifier s’ils sont proches de la sortie ou non. Clément réussit à trouver l’entrée et voit la corde en place figée, signe qu’ils ne sont pas sur la dernière remontée. On décide alors de rentrer à la loc prendre l’apéro et préparer le repas en les attendant patiemment.
Sur la route nous voyons une série d’animaux défiler : renardeaux, blaireaux, beaucoup de grenouilles avec la pluie.
Le temps passe, toujours pas de nouvelles de Jean-Paul, Émilie et Romane.
Nous attendions avec hâte de recevoir un message de leur part, le sms arrive à 23h30 ! On était pas loin de se rendre à leur rencontre !
Ils doivent avoir des choses à nous raconter.

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ÉQUIPE 2 : Jean-Paul C / Émilie / Romane : Baume de la Favière (Arsure-Arsurette, Jura)

Pas facile de trouver l’accès de la Baume. Le groupe se divise en trois pour chercher la cavité, Émilie déterminée à trouver l’entrée, s’en va un peu trop loin et perd son équipe. Le temps de se retrouver dans la forêt, l’équipe ne rentre pas avant 12H dans la cavité.
Une sortie pleine de rebondissements à coup de mousqueton et pantin tombés au fond de puits, plusieurs missions de sauvetage du matériel ont été effectuées ! Sortie à 23h30.
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Au retour de la 2ème équipe on réchauffe les pâtes carbo tout en écoutant leur récit puis un coucher très tardif.

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DIMANCHE 1er JUIN :


La team est partie faire des emplettes le matin (pendant que je faisais la grasse matinée) : à la fruitière pour faire le plein de fromage puis chercher des petits cadeaux pour la voisine.

Afin de remercier chaleureusement Adélaïde de sa gentillesse et d’avoir hébergé 6 spéléos au beau milieu de la nuit, Émilie a proposé aux enfants (2 enfants d'Adélaïde + la fille d’un voisin), une petite initiation sur corde. On nous donne l’accès à un jardin pour y équiper un arbre d’une corde. C’est Clément P qui s’en chargea et qui les réceptionna en haut chacun.e à leur tour pendant qu’Émilie leur expliqué comment monter. Un beau moment de partage, iels étaient tous.tes ravis.es, les parents autant que les enfants qui n’ont pas eu de frayeurs. La relève est assurée !

Après un grand ménage, nous rendons la location et allons direction la rivière du Lison à Nans-sous-Sainte-Anne pour tout nettoyer.
Retour sur Paris, arrivé vers 22h30.


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Conclusion du stage partie 2 :

Un week-end très agréable pour le début de la saison estivale où tout s'est bien déroulé, dans la bonne humeur, des fous rires, quelques anecdotes et un grand soleil !

Pour ma part, ce stage m’a permis de bonnes révisions en équipement, de sortir de ma zone de confort à plusieurs reprises (comme aller chercher des points modérément exposés qui me semblaient inatteignables). J’ai pu pratiquer des choses que je n'avais pas vu lors de mes précédentes formations équipier tel que : le raboutage et la jonction de cordes, une lecture des grotte plus difficile en raison des AF, le nœud de tisserand, poser un spit etc.

L’aspect qui concerne l’accès à la cavité n’est pas vraiment mon dada surtout avec le téléphone que j’ai (coordonnées GPS, leur conversions, trouver l’accès de la grotte etc.) J’ai encore besoin de m’améliorer en autonomie, rapidité, lecture de cavités. Que j’essaie de progresser sur corde en laissant de côté l'anxiété.

Participants

Jonathan B. , Jean-Paul C. , Emilie G. , Salomé M. , Romane N. , Clément P.

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