Compte rendu semaine Vercors
Arrivée lundi 28 juillet en début de soirée à Autrans, au refuge La Maitt, où plusieurs speleo (Pierre, Jérémy, Sylvan, Mélanie, Souad, Julien, Eric et Maxime) des Compagnons de la Nuit Minérale logent depuis 3 jours. Je les rejoins pour descendre au Berger ensemble et profiter d’être dans le Vercors pour visiter des cavités faciles en attendant notre D-Day.
Mardi 29 juillet
Bien que nous eussions initialement prévu de descendre à Envernibard, une nouvelle topo découverte le matin même ne nous inspira pas confiance. On décida donc d’aller à Grotte Roche pour une sortie photo ! Cette grotte d’initiation très sympathique vaut le détour pour une courte balade reposante sous terre.
Pour 18h, nous nous sommes rendus au camp Berger pour écouter le brief avant la descente de 3 de nos comparses : Pierre, Sylvan et Jérémy. Leur objectif : le fond, rien que ça. Nous avons aussi profité du moment pour dîner sur place et écouter un petit peu 4 du groupe des spéléologues ayant atteint le fond pour la première fois !
Mercredi 30 juillet
Les trois mousquetaires sont partis vers 6h pour leur sortie au Berger.
De notre côté, deux sorties au programme ! Le matin, nous avons été au Scialet de l’Espoir. Grotte découverte lors d’une sortie en ski de randonnée par Donald (membre des CNM) en 1996 ! Sur le papier et dans les discours, ça ne faisait pas rêver : on me parlait étroitures et ramping … Rien que l’entrée m’inquiétait, une désescalade sur 2-3m. Finalement, l’aspect étroit et très en relief de la grotte facilite cette désescalade. Toute la cavité est à l’image de l’entrée ! Les combinaisons souffrent de s’accrocher partout, partout. C’est moins pénible que cela en avait l’air ! C’est une chouette et facile sortie jusqu’au Vestiaire. Après ça, j’ai ouï dire qu’il fallait enlever son baudrier … Sans moi pour cette fois !
*interlude repas et sieste au gîte*
En fin d’après-midi, nous avons rejoint un pote d’Eric pour l’Antre de Vénus. Après s’être perdue sur la marche d’approche, nous valant une montée RAIDE dans la forêt, nous trouvons enfin la trappe d’accès. Un ramping de 5-10m précède un joli puit de 15m. Après ça, que de la marche et facile ! Une très, très belle cavité toute concrétionnée et des photos magnifiques.
Les garçons rentreront dans la nuit de leur sortie au Berger, objectif –1000m atteint. Ils ont même poussé jusqu’au siphon.
Jeudi 31 juillet
Journée farniente pour se reposer au maximum avant la descente au Berger le lendemain.
Au programme pour moi : regarder la nouvelle mini-série France tv, Ballroom et ne pas manquer le nouvel épisode de Drag Race à 19h ! Si vous ne regardez pas, je vous le conseille fortement 😉
18h, on se rend au brief. Comme nous avons déjà écouté mardi, nous restons seulement le temps d’être briefer et d’inscrire nos noms sur le tableau. Peu de personnes descendent le lendemain et nous sommes les seuls à aller à -640, c’est parfait. On est 5 (Eric, Julien, Maxime, Souad et moi) avec une personne ayant un rythme assez lent donc le but sera de prendre son temps.
Vendredi 1er août
C’est le JJ ! Comme on ne vise pas le fond, on avait inscrit 8h au parking de la Molière la veille sur le tableau afin de libérer les créneaux tôt pour celleux visant le fond.
Premier retentissement : Julien n’a pas dormi de la nuit donc ne descend pas.
Deuxième retentissement : il est 7h02, le départ est fixé à 7h15 et Maxime n’est toujours pas réveillé … Connu pour être dispersé, nous le réveillons. Branle-bas de combat de son côté pour être prêt à l’heure.
Après avoir croisée une palanquée de vaches sur le chemin vers le parking de la Molière, nous voilà lancée pour la marche d’approche. Une heure entre prairie et forêt, une bien belle balade.
Troisième retentissement : en arrivant à l’entrée du trou, le grand groupe de bulgares est en attente de descendre. On aurait dû checker leurs horaires de descente avant de partir du brief … Nous voilà donc à attendre que tout ce beau monde descende. On entre dans la cavité un peu avant10h.
La première partie de la cavité est un enchaînement de puits puis une première partie d’un méandre séparée de la deuxième par le grand puit Garby. Nous redoutions ce méandre car Sylvan nous en avait dépeint une piètre image … Finalement, aucune difficulté ! La fin de la descente verticale s’annonce par le grand puit Aldo où nous avons laissé une seconde bouteille d’eau cachée pour la remontée. La première a eu la chance d’attendre dans la salle du Cairn.
La longue balade débute. Comme en randonnée, ça monte, ça descend, ça monte, ça descend. L’arrivée au premier camp à -460 annonce la salle des Treize, le Vagin et le Vestiaire ! En traversant la salle des Treize, nous prenons notre temps. C’est GIGANTESQUE et splendide. La hauteur au plafond est interminable. On marche sur des gours secs et entre des stalagmites géantes. On se croirait presque dans un décor de monde fantastique. On comprend mieux pourquoi l’orga quémande des photos de cette partie lors du brief ! La progression continue vers le Vagin. Bien que tout le monde trouve cela fantastique, je n’y vois aucune beauté. J’ai même prononcé les mots « ça me dégoûte », oupsi. Une séance photo s’improvise avec les quelques lumières que nous avons car mes 3 coéquipièrEs sont enchantéEs. La personne assez lente s’arrête à ce niveau pour s’économiser. Nous traçons jusqu’au vestiaire pour remplir notre objectif. Le chemin restant est très court et simple. Nous sommes heureuxses d’arriver à cet endroit que nous immortalisons d’un beau selfie.
La remontée se fait tout aussi tranquillement. Pas mal de pauses pour que Souad puisse souffler et reprendre des forces. Le retour parait toujours plus rapide, c’est le cas ! Nous arrivons, en ce qui me semble un rien de temps (c’est faux) au premier camp. Il faut quand même avouer que l’on s’est trompée de chemin deux fois. La première parce que Souad n’a pas fait attention au passage que prenait Maxime. La deuxième, nous n’avons plus surveiller les balises lumineuses et on s’est retrouvée dans la Galerie de la Boue ... On a vite fait demi-tour parce que ça ne nous disait rien du tout. En effet, on a manqué la lucarne pour remonter vers le puit Aldo.
Nous voilà donc sur la dernière partie : les puits et les méandres. Autant à l’aller les méandres étaient simples, autant au retour, on a galéré. Je trouvais que c’était moins lisibles sur où mettre ces pieds, comment caler son corps en opposition pour ne pas glisser. En plein dans la partie haute du méandre, on entend le groupe des Bulgares arriver à un de ces vitesses ! Iels sont passées en un éclair devant nous !
Dans les puits, l’autre partie du groupe des Bulgares arrivent également et nous les laissons aussi passer. Une pause supplémentaire s’impose pour laisser passer ce beau monde plus rapide que nous. La remontée des 200m de puit se fait tranquillement, sans s’épuiser. Souad peine mais ne lâche rien. Je sors à 21h58, avant 22h, mon objectif est rempli, me voilà super ravie. Il fait nuit, le ciel est quelque peu nuageux mais nous offre des belles éclaircies sur les étoiles. Une bien jolie récompense après 12h passée sous terre.
Eric, Maxime et moi ne sommes globalement pas plus fatigués que cela. On aborde la marche retour très lentement et avec plusieurs pauses pour attendre Souad qui est au bout. Nous rentrerons à Autrans vers 1h15 après un passage au camp pour afficher notre horaire de sortie sur le tableau et déposer le paquet de corde que l’on a remonté.
Samedi 2 août
Repos pour l'équipe et départ pour ceux qui ont fait le berger plus tôt dans la semaine. Le gîte se vide doucement, annonçant la fin de cette chouette semaine tout en douceur.
Comme Julien n’a pas pu faire le Berger, il sort aux Chuats. Donald repasse par le gîte pour nous prêter le livre sur le réseau des Chuats. La prochaine fois, nous irons voir cette fameuse rivière d’or !
Dimanche 3 août
Ménage, rangement et retour sur Paris ! A l’année prochaine !