Camp Italie nouvel an

Date
Du 27 décembre 2017 au 02 janvier 2018

Durée
6 jours

Type de sortie
Camp
Département
Etranger (E)

Massif


Commune
Vagli Sotto

Photos







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Descriptif / Compte-rendu
Une équipe d’Abimes a été missionnée pour aller faire un audit de spéléologie. L’objectif était de s’assurer que le pays d’adoption du président sortant et de la responsable matériel sortante avait des cavités dignes de nos grottes françaises.

C’est donc au lendemain de Noël, le mercredi 27 décembre 2017, (Oui, bon, surlendemain quoi…) que 8 abimés rejoignent nos 2 nouveaux italiens dans les Alpes-Apuanes au nord de la Toscane, en minibus pour les uns et dans la voiture de Jean pour d’autres. 13 heures de route en partie sous la neige, en passant par le tunnel du Mont blanc, au grand désespoir de Gaëtan, fétichiste des cols… Le voyage se passe sans encombre. Les 2 italiens arrivants de Rome, ayant moins de route s’occupent des courses et ouvrent le gîte. L’aventure commence ici, lorsque la maison réservée dévoile son côté rustique : pas d’eau, pas d’électricité et des fuites d’eau qui coulent du plafond. Il semble que la maison n’a pas été utilisée depuis des mois. Nous passerons la première nuit à l’hôtel après avoir trouvé une auberge pour nous sustenter après ce long voyage. Le programme du jeudi 28 en est par conséquent chamboulé et nous passerons une partie de la journée à trouver un nouveau toit. Nous atterrissons en fin d’après-midi à Vagli Sotto qui est plutôt proches des grottes envisagées dans un gîte prévu pour 4. On va se serrer à 10 !
Et évidemment, il y a une cuisine pour faire mijoter les bons produits italiens prévus par nos organisateurs en chef alors nous sommes sauvés !
Malgré cette mésaventure, nous ne quittons pas notre objectif d’audit et comme nous sommes dans le pays du marbre, nous partons une fois installée et après une bonne nuit de sommeil pour de la spéléo de luxe à la découverte des grottes emplies de cette jolie roche.

Vendredi 29 décembre, nous partons faire la traversée de Corchia, grotte incontournable de la région.
Nous nous garons à l’entrée de l’entrée touristique, fermée pour la période. Sylvain et Jean-Paul partent équiper 2 puits pour la sortie de la traversée pendant que le reste de l’équipe monte à pied chercher l’entrée supérieure. Celle-ci se situe derrière quelques maisons qui devaient servir aux carriers il y a plusieurs dizaines d’années. C’est étonnant de voir que ces simples maisons sont fournies d’escaliers et cheminées en marbre. L’entrée de la grotte se situe sur le flanc de la montagne qui offre une vue sur la ville, la mer et on devine même la Corse.
L’entrée est glaciale et nous rampons sous les stalactites de glace quelques mètres avant d’apercevoir le premier relai. La descente se fait tout en douceur et est facilitée par le fait qu’une partie de la grotte, notamment les mains courantes sont en fixe. Plusieurs puits et des désescalades sur des belles roches tout au long du canyon (sans avoir les pieds dans l’eau) et de vastes salles nous amènent jusqu’à un toboggan qui ne toboggue pas avant d’arriver au puits de la lame (car il part littéralement d’une lame) suivi d’un autre puits menant au dernier grand puits del portello avant d’arriver dans la partie touristique de la grotte qui effectue une boucle. Cette partie est éclairée et s’illumine au fur et à mesure que l’on avance. Lorsque l’on trouve la sortie de la boucle, on remonte donc la partie touristique, très chouette, avec une série de longs escaliers jusqu’à l’entrée où nous bifurquons pour sortir par les puits équipés au préalable.
TPST : 6h30

Samedi 30 : nous avons pris du retard sur notre programme mais nous partons à 7 pour passer l’après-midi à Aria Ghiaccia. Nous nous garons en bordure de route dans la neige et entamons une marche d’une petite heure en montée dans la neige, en passant par un tunnel. Nous traversons une exploitation de marbre et arrivons à l’entrée dans laquelle de la neige s’est engouffrée. Fabien part équiper sur les goujons italiens. Un enchainement de plusieurs puits, parfois déjà équipés nous permet d’arriver dans une jolie salle marbrée, la cavité est froide et humide mais nous ne reculons pas devant ces hostilités. Nous nous arrêtons au méandre conduisant à un puits pendulaire. La sortie nous offre une vue superbe sur la montagne enneigée éclairée à la presque pleine lune, au milieu des étoiles.
TPST : 3h30

Dimanche 31 décembre : Pour la Saint Sylvestre, nous choisissons d’aller voir Guaglio, grotte de marbre blanc encore active. La montée en voiture impose de mettre des chaines pour économiser quelques mètres de marche mais la montagne est coriace et nous oblige à se garer rapidement pour une montée dans le froid sur un GR pentu. Ce premier obstacle génère 2 abandons. Nous trouvons facilement l’entrée de la grotte avec le flair aiguisé de Sylvain (aidé de son GPS). L’entrée débute par quelques fractionnements en monopoint, une belle salle où le risque de chutes de pierre est omniprésent. Nous déjeunons d’une salade avec un reste de polenta délicieuse dans une grande salle avant de rejoindre la rivière. La cavité se poursuit dans le méandre formé par la rivière, les murs sont aussi blancs que la neige de la marche d’approche. Plus nous avançons, plus la cavité est humide et nous arrivons à l’obstacle qui engendrera 3 abandons, nous l’appellerons, « la salle de la douche ». Nous continuons donc à 5 dans ce joli méandre de marbre qui donne la sensation d’évoluer dans un lavabo géant. Nous n’irons pas beaucoup plus loin car nous sommes obligés de mettre des cordes là où il n’est à l’origine prévu qu’une désescalade. A court de corde, nous devons faire demi-tour au niveau d’une petite cascade.
Nous nous dépêchons dans la remontée car nous sommes trempés des pieds à la tête.
TPST : 4h

Cela nous laisse le temps de préparer le réveillon et commencer la nouvelle année sereinement. Toasts de foie-gras, rôtis de veau sauce champignons et tagliatelles, fromages locaux et tiramisu préparé la veille arrosé d’un bon Prosecco enchantent une soirée gastronomique et très sympathique.

Lundi 1er janvier 2018 : pour le premier de l’an, nous allons nous balader dans une carrière de marbre proche d’Aria Ghiaccia dans la vallée pour se dégourdir les jambes et nous laverons les cordes dans le lago di Vagli au pied du gîte.
Notre dernière soirée tous ensemble sera culinaire et savoureuse : pâtes fraiches préparées par Sylvain, sauce bolognaise mitonnée par Sam, sauce béchamel maîtrisée par Vass. Chacun apporte ses compétences : l’un épluche, l’autre émince, un troisième touille la sauce, pendant qu’un quatrième s’assure que personne ne manque carburant. Les cannellonis sont ainsi farcis, gratinés et dégustés.

L’audit est validé. Les grottes de la région sont belles, grandes et valent le détour. Malgré les monopoints pouvant être déroutants pour notre formation française, la température faible et les descriptions approximatives, nous sommes ravis de ces découvertes souterraines.

Mardi 2 : départ matinal. Nous devons vider le gîte pour 9h30. Retour vers Paris pour 5 abimés, alors que 5 autres resteront en Italie happés par son charme et ses douceurs culinaires, 3 repartent à Rome et 2 restent dans la région du marbre.
Si ce camp est représentatif de l’année à venir, les 12 prochains mois s’annoncent très agréables.

Bonne année 2018 à toutes et à tous !


Participants

Jean C. , Fabien C. , Jean-Paul C. , Sylvain C. , Lucie D. , Samuel L. , Gwenaëlle M. , Clément N. , Gaëtan P. , Vassilissa V.

Commentaires

Commentaire posté par JPC le 15/03/2018
On a oublié de remercier mille fois le vaillant veilleur qui toutes les nuits s'est levé dans le froid pour alimenter le feu de bois qui ne réchauffait pas que les coeurs ! Je parle bien sûr de notre doux et gentil Binours !

Commentaire posté par JPC le 15/03/2018
Je crois avoir compris pourquoi certains disent "des pieds Ă  la tĂŞte" et d'autres "de la tĂŞte aux pieds".
C'est toute la différence entre le montagnard et le maritime : l'eau ne vient pas du même endroit. L'un prend un orage sur la tête et pour l'autre la mer commence par mouiller les pieds !
Donc ce récit a été écrit par :
- une fille puisqu'elle a écrit "une fois installée",
- sans doute un peu "genrée" puisque nous étions quelques... garçons
- C'est une bretonne puisque l'eau lui touche d'abord les pieds
- Et timide puisqu'elle n'a pas signé ce fort sympathique compte rendu retraçant merveilleusement bien notre séjour.
Les connaisseurs reconnaitront... ;)