De la première aux Cavottes

Date
Du 26 novembre 2024 au 30 novembre 2024

Durée


Type de sortie
Exploration/Première/Désobstruction
Département
Doubs (25)

Massif
Jura

Commune
Montrond-le-Château

Photos







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Descriptif / Compte-rendu
Chronologie :

  • Lors de notre sortie confinée aux Cavottes du 05 au 07 février 2021, on avait pu découvrir le réseau inférieur des Cavottes, joli réseau assez peu pratiqué qui change complètement du réseau supérieur. Après visite des Galeries Est, Ouest et du Lac "Terminal". Le passage au Lac nous décevra légèrement, nous n'observons qu'un fond de méandre remplit d'eau turbide avec une vire d'accès ne comportant qu'un monopoint de chaque côté, dont un bien rouillé.

    Suite à ce week-end, on se dit qu'il y a peut-être encore de l'explo à faire dans cette grotte archi classique. Notamment avec de belles cheminées qui semblent remonter assez haut.

    On prend donc contact avec Benoît Decreuse, local de l'étape, explorateur historique du plateau de Montrond et actuel Président du CSR Bourgogne Franche-Comté.

    Selon Benoît, les cheminées que l'on a pu observer au réseau inférieur ont déjà été escaladée et ne donnent rien de notable, par contre il semblerait qu'il reste des choses à faire notamment :


    • En haut du P21 qui donne accès au réseau inférieur :
      "Pour information, des spéléologues (mais on ne sait plus qui, ni quand !!! Cela fait partie de la transmission orale qui circule) auraient procédé à des escalades au sommet du P21. Mais sur ce point, rien de publié, et aucun élément."


    • De l'autre côté du lac Terminal : "Page 53 du bulletin de l'ASE numéro 13, 1976 [...] l'escalade au-dessus du Lac des Cavottes. La galerie des X s'appelle ainsi parce que pour faire l'escalade, ils ont utilisé des barres de métal croisées (en X) et ils les ont semble-t-il laissé dans cette galerie qui reste assez conséquente, une centaine de mètres ! Mais ce qui est intéressant, c'est le départ important de galeries qu'ils ont découverts plus haut sans pouvoir l'atteindre. [...]. À ma connaissance personne n'a repris cette explo !!! "


    A partir de cet échange, l'idée d'organiser à la fois une sortie au bout du Lac des Cavottes et l'escalade au dessus du P21, va nous suivre pendant un moment.


  • Lors de notre sortie laborieuse aux Cavottes le 24 juillet 2021, Axel, Kevin et Arthur avaient pour objectif de rééquiper la vire d'accès au Lac.
    Finalement, un seul spit sera planté pour doubler la tête de main courante, la corde destinée à équiper la vire sera laissée en place.
    L'eau du Lac est encore très turbide et il est impossible d'allumer un briquet pour faire un point chaud ni au Lac, ni dans le méandre.


  • Une sortie franco-belge le 11 novembre 2022 avec Déborah, Amaury, Olivier, Enrique et Arthur permettra de finir le rééquipement (cette fois-ci avec un perfo), la vire et la corde d'accès au Lacsont équipée à la fin de la sortie. L'idée de départ était de tirer une vire jusqu'à l'autre rive du Lac.


    Le rééquipement nous permet enfin de trouver le bon accès et de voir le Lac dont l'eau est toujours très turbide.
    On peut accéder au Lac :
    • Soit en descendant directement dans le méandre en dessous de la vire rééquipée et passer par une sorte de "Fenêtre dans la paroi pour accéder au grand volume

    • Soit en continuant le méandre au bout de la vire qui oblique de nouveau à 90° à droite. On remonte alors sur un talus glaiseux et on débouche au niveau du plafond au-dessus du lac quasiment à l'aplomb de la Fenêtre


    Les parois sont recouverte d'une couche de boue qui peut être épaisse par endroit, le plafond du Lac est plat et on peut y observer de petits débris végétaux, ce qui semble indiquer que le Lac peut se mettre en charge intégralement.

    Celui-ci est beaucoup plus grand que ce à quoi on s'attendait et il faudra revenir avec un bateau si l'on veut le traverser et retrouver l'escalade des années 70.


  • On profite d'un week-end initiation dans le Doubs pour vérifier plusieurs points d'intérêts aux Cavottes (notamment l'effondrement au bout de la galerie historique) et pour faire quelques points de balisage avec la balise électromagnétique de Clément P, avec Clem P, Emilie G, Jo B, Salomé M, Maxime M, Maxime LC et Arthur P.
    Le balisage effectué en haut du P20 ne semble pas correspondre avec la position donnée par la superposition de la topo TGT publiée dans Spéléo Magazine n°56 sur un fond de carte. La topo du réseau supérieur serait peut-être à revoir.


  • Lors d'un week-end dans le Doubs qui avait pour but de continuer à se former à l'escalade souterraine, Clem P & Arthur P font une première session d'escalade le 09 juin 2024 au dessus du P21.
    On arrive assez rapidement à un palier où est gravé une date dans la paroi "1995.
    Certainement le terminus de l'époque, la cheminée continue au dessus, pas de marque de progression.
    On continue donc au-dessus sur ce qui semble être de la première pour déboucher sur un nouveau palier.
    Au-dessus continue une sorte de méandre/cheminée qui monte encore d'environ 10m en tournant de 90°, on reviendra pour reprendre.
    On désescalade point par point sans laisser de matériel.




  • Deuxième session d'escalade au-dessus du P21 avec Clem P, Emilie G et Arthur P au profit d'une sortie initiation le 20 octobre 2024.
    On reprend l'escalade depuis le début en réutilisant les points de la fois précédente et on arrive assez rapidement là où l'on s'était arrêté.
    Le contexte de joindre un peu d'explo à une sortie initiation fait que l'on dispose de peu de temps pour vraiment travailler. On ne posera que 5 points supplémentaire en espérant tomber sur une galerie horizontale mais on arrive sur un nouveau palier en bas d'une zone qui s'élargit franchement.
    On équipe deux relais en laissant la corde lovée en haut puis on désescalade point par point pour que des curieux n'aillent pas s'engager là-bas par hasard





Le mini camp explo à la Grotte des Cavottes commence donc le 25 novembre 2024.

Lundi 25 novembre 2024
Trajet à 4 depuis Paris dans la voiture de l'oncle de Jo avec Emilie G, Jo B, Arthur P et Zazou !
Zazou le chat d'Emilie et Jo qui aura le droit de nous tenir compagnie dans la partie du gîte du GCPM réservée aux membres.
Preuve du départ matinal, on s'arrêtera manger à midi à Fontainebleau.
On enchaîne par la route en abandonnant la nationale pour l'autoroute, il pleut tout du long.
La voiture maudite qui nous avait déjà fait le coup de la panne d'essuie-glace nous fait le coup de la panne de la fermeture du coffre.
On fait les courses le plus rapidement possible à l'Intermarché de Besançon avant de s'installer confortablement pour 5 jours au gîte du GCPM à 20h.
Le temps de ranger un peu tout ce qu'on a ramené et de manger des pâtes, on se couche aux alentours de minuit.


Mardi 26 novembre 2024
La journée sera dédiée à l'équipement de la Grotte des Cavottes jusqu'au P21 et au portage matos. Jo équipe le Faux Pas et le Ressaut de 7m, Émilie équipe les puits d'accès au réseau inférieur.
Ca coule un peu dans le Réseau Sud et dans le P21, il y a de l'eau dans le boyau.
Arthur rééquipe l'escalade en utilisant les points en place jusqu'au premier relais installé la dernière fois puis Jo reprend l'escalade là où s'était arrêté. La journée a finalement été un peu longue et c'est la première vraie escalade en artif pour Jo qui ne voit pas les trous qu'Arthur avait percé la fois précédente, il ne mettra que 2 points supplémentaires et s'arrête devant un départ horizontal environ à mi-hauteur de la cheminée.
On rentre vers 19h30 au refuge pour manger avec Déborah, Jean et Benoît qui nous refait le topo sur les points à voir.
On se couche un peu tard, aux alentours de 01h30.



Mercredi 27 novembre 2024
On se lève un peu tard et on part à la Grotte des Cavottes, on rentre environ à 12h sous terre et on mange en haut du P20.

Il n'a pas plu la veille ni le jour même, il ne coule quasiment plus rien dans le Réseau Supérieur ni dans le Boyau. L'hydrologie du réseau supérieur réagit donc très rapidement aux conditions extérieures.

1% de CO2 en haut du P20 environ 2% en bas du P21
On reprend l'escalade là où on l'a laissée.

Émilie part explorer le boyau devant lequel on s'est arrêté la veille tout en étant assurée. En effet, l'entrée du boyau suspendu semble bien exposée au vide.
Le cheminement n'est pas facile, elle se coince à plusieurs reprises, notamment sur la stalagmite qui se trouve à peu près au milieu du chemin qui s'élargit légèrement en hauteur mais pas sur la largeur. Le boyau prend une forme vulvaire qu'il faut parcourir en rampant, sur le côté, en opposition entre les deux parois. Impossible de s'appuyer au sol très resserré, donc sans risque de tomber, toutefois ouvert sur le vide et enclin à s'y coincer un pied (en fait, personne n'a véritablement su qualifier cet espace qui ressemble à un boyau méandreux ou un méandre boyauteux). Le sympathique tunnel se termine sur une ouverture plus petite, en forme de vulve également, passable grâce à de simples et souples acrobaties, mais au revers plein de surprises. L'autre côté de cette fenêtre est tapissé d'une mixture argileuse, glissante et épaisse tel un endomètre fin de cycle prêt à partir si on l'y autorise, avec un retard que l'on pourrait évaluer à 3 mensualités. Suite au boyau suspendu jusqu'à maintenant humide mais sans tache, en ce simple passage, l'exploratrice se retrouve repeinte d'une boue adhérente de la tête aux pieds, sans épargner les vitres de ses lunettes. Pour observer les nouveaux environs qui se trouvent être une petite salle fermée, il fallait bien libérer la vue. Les lunettes sont posées au sol, puis posées par dessus le casque au risque d'un oubli (choix finalement pas plus pertinent).
Cette petite salle d'environ 5 m de diamètre, et qui ne semble n'avoir jamais été visitée, est dotée de 2 cloches au plafond (se fermant pour la plus haute à une petite dizaine de mètres du sol) et de 2 chenaux décimétriques impénétrables (cf. vidéo de la salle). Au sol, du remplissage solidifié, et des parois légèrement humides à la roche dure et sans boue. Seule la paroi qui entoure et contourne la fenêtre accédant au boyau est tapissée de la belle boue. A priori il n'y a pas grand chose d'intéressant à faire dans cette zone, il faut donc reprendre l'ascension de la cheminée.
Le matériel d'assurage n'est finalement pas nécessaire, l'exposition au vide n'est pas si terrible, Émilie rend à Arthur une corde et des longes d'escalade bien agrémentée, permettant par la suite une grimpe d'une fluidité encore plus énergivore... ça valait le coup ! Une fois sortie et postée en haut du P21, elle se rend compte d'une drôle de légèreté sur son nez, rien sur le casque non plus. Demi-tour sans assurage (c'était vraiment pas nécessaire en plus d'être encombrant), les recoins sont scrutés, au passage un bout de paroi de la petite salle est gravé du nom et de la date de cette grande découverte, mais les lunettes, elles, pour leur propriétaire sont définitivement perdues. Prise de guerre du Visconte local ou offrande à la Grotte des Cavottes ? On finira donc par appeler ce diverticule : l'Impasse des Binocles.
Arthur prend le relais de l'escalade assuré par Jo, en haut ça se resserre et la qualité de la roche devient plus douteuse, voire mondmilcheuse... Il faut gratter pour trouver de la roches saine

Il ira vérifier un premier fond en plafond, plus ou moins à l'aplomb de l'Impasse des Binocles, ça pince et c'est concrétionné, et les fameuses concrétions se désagrègent en une poudre couleur rouille...

Redescente jusqu'au relais pour poursuivre directement à la verticale de celui-ci
On a eu une équation perfo Parkside 20V + batterie 2Ah + forêts Hilti 8mm = 6 Pulses posées
Ça monte assez rapidement.

Dernier espoir, le second fond en plafond, à l'opposé de la cheminée.

En haut, même paroi recouverte de mondmilch.
Petit resserrement qui permet une oppo.
Le plafond est fermé soit par des blocs coincés puis concrétionnés, soit par des cloches concrétionnées.
D'un côté, des blocs qui nous séparent du terminus précédent, de l'autre, une petite coulée stalagmitique sur laquelle l'eau n'a pas dû circuler depuis un moment.
Ancienne arrivée d'eau au plafond.
Une légère impression de courant d'air aspirant vers le plafond en haut (rêve ou réalité ? nous n'avions rien pour le vérifier).

On fait des visés propres sur la partie nouvelle escaladées depuis le 09 juin 2024 jusqu'au 27 novembre puis on tire un filaire à travers le P21, le boyau, le P20 et on fini au fond de la faille du niveau supérieur que Benoît nous avait indiqué il y a quelque temps.
Cette possible faille serait intéressante à désobstruer car le remplissage est constitué de galeries roulés centimétriques voire décimétriques, trace qu'un fort courant a dû y passer.
Jo pense avoir senti un léger courant d'air soufflant dans cette faille.
Retour tardif au gîte, on mange et on fait la topo
On est monté de plus de 20 m, les 2 terminus en plafond se trouvent environ au niveau du départ du P20, peut-être juste en dessous.
La faille à désobstruer est alignée pile avec la faille que l'on a escaladé.
Si un passage venait à s'ouvrir par là on pourrait s'affranchir du boyau étroit et humide en bas de la Boîte aux Lettres.

Sortie du trou tard. Le temps de rentrer, manger et regarder la topo... on se couche vers 03h.

Il pleut toute la nuit.



Jeudi 28 novembre 2024
Lever tardif on part avec les kits supplémentaires.
Sur le parking, se fait sentir une odeur de plastique cramé.
Le capteur de CO2 fume...
Ça coule de nouveau un peu dans le Réseau Sud et dans le P21, il y a encore de l'eau dans le boyau.
Jo déséquipe définitivement les cordes en fixe de l'escalade au-dessus du P21 en reposant les pulses, on récupère même les plaquettes inox que l'on avait utilisé pour les 2 relais.



On descend tous les 3 en bas du P21 avec un kit chacun (dont le bateau) pour stocker le matériel en vue du portage au lac qui aura lieu le lendemain et on casse la croûte en faisant un point chaud.
On range le matériel, on réorganise les kits, petite formation rapide à l'escalade en artif au début du méandre du niveau inférieur pour Emilie.



Vendredi 29 novembre 2024
On part léger puisque tous les kits sont déjà en bas.
On ne prend qu'un seul kit avec à manger et de l'eau, plus le perfo.
On mange en bas du P21 là où l'on a laissé le matériel puis on se met en route.
On avance doucement jusqu'au Carrefour entre Galerie Est, Galerie Ouest et Lac, environ 15 minutes de progression, puis on s'engage dans le méandre à proprement parler.

On amène au Lac le matériel d'escalade et un bateau gonflable acheté pour l'occasion, el famoso "Kondor 3000" et ses 3 boudins.

Arthur ouvre la marche, les autres, qui ne connaissent pas, suivent mais un peu moins rapidement. Il part donc devant en se disant qu'il les attendra au fond au chaud.
Arthur arrive au lac en 1 heure 15 et tente de faire un point chaud pour attendre Jo et Emilie, peine perdue le briquet (butane) ne s'allume pas, on a au mieux une flamme évanescente qui s'éteint très vite (la théorie voudrait donc qu'il y ai environ 17% - 17,5% d'O2). 1 heure après Jo et Émilie arrivent avec la doudoune d'Arthur.

Les 700m de méandre sont toujours aussi agréables à parcourir, surtout avec des kits bien lourds.
Lorsque l'on arrive au bout, on observe de la mousse de crue au dessus de la main courante installée en 2022.
L'eau peut donc monter au moins aussi haut dans cette zone, ce qui confirme les observations de 2022.
Le "Lac" est en fait une cheminée d'équilibre profonde d'environ 20m. Lorsqu'il pleut, l'eau monte, ce qui fait que le niveau du lac peut varier de manière importante.

Jo, en alternance avec Emilie en recherche de tout effort pour se réchauffer, gonfle à la force des bras le bateau suspendu sur la corde que l'on avait posé il y a environ 2 ans. Il fera ensuite un tour sur le lac en filmant, repérant les endroits importants.

Le lac est plus haut qu'en 2022, la "Fenêtre" entre le lac à proprement parler et le méandre est sous le niveau d'eau. L'eau du lac est toujours très turbide.


Sur le chemin du retour, 1 kit seulement pour 3, on avancera plus facilement.
On profitera d'avoir un perfo et un bout de corde pour sécuriser une portion du méandre grâce à la pose en fixe d'une corde à nœuds permettant d'éviter à cet endroit une oppo, bien que dangereuse, trop tentante.

De cette avant dernière journée, on sort de là ultra fatigué. Le soir-même, on est rejoint par Christian et Cassandra pour le week-end. Ils sont encore tout frais pour escalader ! Le même soir, la plus grande partie du gîte est investie par les participants du stage photo organisé par Olivier Gradot. Petite parenthèse : on ne remerciera jamais trop le groupe qui s'est entraîné à capturer en images les volumes des belles Cavottes, et qui a surtout laissé multitudes de traces odorantes pleine d’ammoniac !! D'autant que ses molécules se sont déversées dans le merveilleux boyau rampant suivant la boite aux lettres... huuurrggrrrmmmm. Nota Bene : s'il fait trop froid dehors pour avoir le courage de sortir - parce que c'est pas vraiment très loin - prévoir des bouteilles vides d'une capacité de toutes les vessies présentes (et plusieurs remplissages). Merci pour cette future attention !
Fin de parenthèse : on se couchera un peu tard en décidant que l'on fera 2 équipes le lendemain :
Equipe 1 : Christian, Cassandra qui commenceront l'escalade + Déborah et Jean qui aideront au portage et feront une jolie photo du Lac
Equipe 2 : Jo, Arthur et peut-être Emilie qui rejoindront les autres pour finir l'escalade.



Samedi 30 novembre 2024

L'équipe 1 se lève vers 9h30 petit dej, départ, et ils entrent sous terre vers 11h.
Christian et Cassandra doivent porter une partie de ce qu'il reste du matériel (Christian a voulu prendre un 2e perfo) et commencer l'escalade. Déborah et Jean portent 1 kit de matériel photo chacun et feront de belles photos du lac avec le bateau. Nous partons tout les quatre, et nous engageons dans le méandre, Déborah se souvient très bien de ce méandre inoubliable fait deux ans plus tôt.




Christian part devant Cassandra avec le bateau pour aller au départ de l'escalade. La descente du bateau n'est pas évidente, Christian décide donc d'installer un Pulse pour réduire le risque de glissade à la descente du bateau. Il descend plus facilement du bateau et installe un amarrage irréprochable pour les autres. Il demande ensuite à Cassandra de démonter le Pulse qui n'est plus utile.



La première partie de l'escalade se fera en libre. Il y a une corde en place mais impossible de voir les amarrages.
L'escalade n'est pas difficile. Quand Christian arrive en haut de cette première partie, il constate que l'amarrage est sur une sangle complètement délitée. En tirant dessus tout l'ensemble se délite et tombe ...
Pour la suite de l'escalade il y a un fractionnement déjà en place que nous pouvons voir. On ne l'utilisera pas pour l'escalade car pas vraiment bien placé.

On est trempé à cause du méandre, et il commence à faire froid, surtout pour Cassandra qui assure.
Christian continue de grimper, mais arrive sur une partie de roche totalement lisse et donc plus compliquée à escalader en mode artif.
D'autant que la faille semblait se rétrécir de plus en plus. L'hypothèse d'une suite nous semble de plus en plus incertaine et improbable.
C'est à ce moment que nous arrivons en fin de batterie sur le perfo. Christian fait en sorte de pouvoir redescendre, pendant que Cassandra l'assure.
En attendant l'autre équipe, nous faisons le tour pour voir s'il y aurait d'autres potentiels départs à escalader, mais ne trouvons rien de prometteur. En bas de l'escalade, Cassandra identifie une strate avec de nombreux fossiles dans le calcaire.

[Equipe photo]

Pendant que Christian et Cassandra escaladent, Déborah et Jean se préparent pour la photo. Déborah a du mal à respirer avec le CO2, surtout en haut du puits pour rejoindre le bateau, mais pas d'autres symptômes donc on continue. Déborah descend la première sur la bateau, elle s'installe avec son kit et Jean suis, on essaye de tenir à deux avec les deux gros kits. Jean voulait faire une photo du bateau sur le lac pendant qu'il était sur la corde, mais cette idée est vite abandonnée car trop complexe, on a aucun endroit pour poser les flash, car les parois du lac sont bien verticales et remplies de boue. On décide de traverser le lac pour rejoindre le côté où Cassandra et Christian grimpent. De ce côté, il y a une petite plateforme qui permet à Jean de poser ses affaires. Pendant que Jean se prépare, Déborah repart avec le bateau au milieu du lac avec deux flash pour faire contre jour. La difficulté pour elle va être de rester immobile avec le bateau,.iI va falloir, à chaque fois, qu'elle essaye de le stabiliser, ce qui n'est pas chose facile vu qu'elle ne doit pas bouger. Cela va durer un long moment, le froid commence à se faire sentir, et on est pressés par le temps car le soir nous avons l'AG du SSF 25 à 18h. Les conditions pour la photo ne sont vraiment pas bonnes, on arrivera à faire une photo, mais c'est pas top top. Vu l'heure, on décide de ranger et faire demi tour. Hop on dit "au revoir" à nos amis, on retraverse le lac, remonte la corde et on s'engage dans le méandre avec nos deux gros kits. 10/15 minutes plus tard, on croise Arthur et Jo et on leur donne des nouvelles du front. Ensuite, on continue comme dans mon souvenir le méandre semble INTERMINABLE et le CO2 se fait encore sentir. Puis avec la progression, plus on avance et mieux on respire. Déborah est super contente de retrouver la corde pour les kits et se dit "youpi on avance bien" et Jean avec sa rationalité habituelle lui rappelle qu'on est encore loin d'être sortis. Mais Déborah préfère rester optimiste.
La corde facilite la progression et on fini par venir à bout de ce méandre. Une fois sortis et les puits remontés, un petit coup de mou se fait sentir, heureusement il ne reste que le plus facile. Une fois dehors, on est gelé, on fait un habillage express en vêtements chauds et on file à Ornans pour l'AG... qui se termine juste quand on arrive, bon ben au moins on profitera du repas :)

[/Equipe photo]


L'équipe 2 se lève à 11h
Finalement Émilie ne sera pas de la partie, elle préparera la raclette entre autres et fera équipe de surface.
On mange au gîte avant de partir.
Arrivée sous terre à 14 heures après plusieurs faux départs et on ne porte qu'un seul kit à 2.

À 15h on s'engage dans le méandre, Jo aide Arthur à manœuvrer avec le kit : c'est tellement agréable de ne pas se coincer.
On croise Déborah et Jean à 16h dans le méandre, pas loin de l'arrivée au lac, Déborah se plaint du CO2 et Jean se dit que finalement la technique photo light au téléphone aurait pu faire l'affaire.
Ils nous disent que Christian et Cassandra ont besoin de matériel qu'ils ont laissés à la sortie du méandre.
A 16h15 on sort du méandre et on récupère le kit attendu par l'équipe 1.

Il est toujours impossible d'allumer un briquet pour faire un point chaud, il y a certainement ~3,5-4% de CO2 mais on respire pas si mal.
On a très froid dès que l'on sort du méandre. On est trempé jusqu'au os grâce à la progression dans le méandre qui demande de faire frotter, à un moment ou à un autre, l'intégralité de notre corps contre la paroi humide. À cela s'ajoute, lorsque l'on arrive au lac, excepté la grimpe exclusivement effectuée par Christian (dont le changement de protagoniste aurait été long et inefficace), une activité à mouvance très faible, voire statique.

Arthur enfile sa doudoune sans manches et son K-way et Jo sa doudoune.

Arthur part le 1er sur le bateau et s'emmêle les jambes dans la corde... on perd un peu de temps.
Il n'y a qu'une seule pagaie, mais on avance en tirant sur la corde que l'équipe 1 a fixée entre le bateau et le bout du lac, c'est bien plus pratique.
La sortie du bateau est assez aisée, même si ce dernier frotte un peu sur les parois (finalement un Kondor 3000 de 2 places et demi c'est peut-être un peu gros).
Jo arrive assez rapidement après.
En sortant du bateau on monte un plan incliné d'environ 7-8 m puis une verticale de 4-5 m suivie d'une vire et d'un petit ressaut qui mènent à un palier où nous attend Cassandra, frigorifiée en bas de l'escalade. Heureusement que Christian lui as prêté une doudoune salvatrice.

En montant on croise le petit actif qui coule dans une galerie à taille réduite (environ soixante à quatre-vingt cm de large pour 1,2 m de haut) que l'on n'ira pas voir.
C'est cet actif qui alimente la petite cascade qui coule là où l'on a débarqué.
Cassandra est surexcitée car il y a des des épines d'oursins fossiles partout.
Christian au-dessus est en bout de corde d'escalade, on lui fait parvenir une corde statique pour qu'il équipe un relais.
Il redescend pour nous rejoindre et débrieffer.
Le relais a été installé sur une plate-forme au-dessus de la corde existant déjà en fixe (Corde en fixe équipée avec 2 nœuds en 8 sur 2 goujons avec 2 plaquettes Alien de Raumer).
Jo et Arthur sont encore bien fatigués de leur sortie de la veille, Christian et Cassandra montent donc sur le relais, Christian grimpe encore et Cassandra l'assure.
Arthur fait quelques aller-retours pour passer du matos à Cassandra puis remonte finalement avec le 2e perfo pour aller voir ce qui ressemble à une galerie horizontale où il est nécessaire d'installer une vire.
Finalement le perfo de Christian tombe en panne de batterie à ce moment-là (et il a laissé ses batteries de rechanges de l'autre côté du lac), Arthur lui passe donc son perfo.
Lors de son escalade, Christian voit un spit dans la paroi, ce n'est donc pas de la première, mais ils ont dû faire pas mal de libre et d'oppo...
Assez rapidement il se rend compte que la diaclase pince et qu'il n'y aura pas le recul nécessaire pour utiliser le perfo. Il installe un relais puis redescend. En observant le haut de la diaclase il ne voit pas de suite possible, cela ne semble donc pas utile de persévérer dans cette direction. Cela devient vraiment compliqué de placer des amarrages. Christian termine donc par un goujon en monopoint pour entamer le déséquipement de l'escalade.

Arthur remplace Cassandra sur la plate-forme, Cassandra redescend rejoindre Jo puis Christian rejoint Arthur en auto-moulinette.
Christian en profite pour aller voir la galerie horizontale.
En redescendant il se décale sur la gauche pour rejoindre un petit pallier qui semble donner sur un départ de galerie, Arthur l'assure pour cette partie. Petit à petit Christian arrive à se décaler de plus en plus pour enfin prendre pieds sur le départ de la galerie. Il part regarder sur 5m et constate que cela ne donne sur rien. Il retourne ensuite dans la diaclase et poursuit le déséquipement avec Arthur.

Enfin, tout le monde se retrouve en bas au niveau du débarcadère.
La vieille corde en fixe est déséquipée et emmenée.
Cassandra et Jo partent traverser le lac, Christian et Arthur récupèrent les pulses, forent des amarrages pour laisser un équipement en fixe.

En redescendant on voit bien que l'on n'a pas pris le temps de tout regarder et qu'il faudrait revenir
On laisse la vieille corde en fixe attachée d'un côté au débarcadère de l'autre à la tête du puits permettant l'accès au lac, ce qui facilitera l'utilisation d'un bateau la prochaine fois.

Durant la traversée du lac par Christian, un bruit de tam-tam interloque Cassandra et Jo qui attendent de l'autre côté du lac, gelés et sans point chaud (le briquet ne s'allumant pas). Ce bruit dure bien 10 minutes, mais à l'arrivée de l'autre partie de l'équipe, aucun des 2 autres ne veut admettre qu'il en était l'auteur !
Ils demandent même à Jo et Cassandra si ce ne seraient pas eux.
Arthur a entendu le même bruit alors qu'il attendait de pouvoir récupérer le bateau pour traverser en dernier depuis l'autre côté du lac.
Mystère ...

Depuis le haut de l'escalade Christian, puis Arthur, prennent des points topo. Le distoX est rapidement très boueux et on espère que les visées sont toutes bonnes.
Christian mettra un certain temps à dégonfler le bateau (apparemment ce n'était pas très facile).
Puis Jo et Arthur le rouleront pour qu'il rentre dans un kit.
On pensait à l'origine laisser le bateau disponible au niveau du Lac, mais les traces montrant la mise en charge jusqu'au plafond nous ont dissuadés.

Sur les 5 kits qu'il faut sortir on tasse le tout pour les faire tenir en 4 (mauvaise idée car les kits sont horriblement lourds, le matos étant plein d'eau et de boue...) finalement on en refera assez rapidement 5, pour que Cassandra en ait un adapté à sa morpho, Arthur sortira avec 2 kits, Christian en portera également 2 sur une partie du méandre.
Le méandre se fera en 3 heures, petit à petit, mais sans faux pas. L'équipe ressort de là complètement épuisé et vidé, à cause de l'humidité, du CO2 et du froid.

Arrivés au Carrefour du réseau inférieur on soufflera un coup, 1 heure plus tard on sera en haut du P20.
On déséquipe dans la foulée en se chargeant d'un kit supplémentaire.

On croise des jeunes du coin en bas du Ressaut de 7m qui sont venus passer la soirée dans la grotte, puis un couple de spéléologues au milieu de la galerie juste en bas du ressaut qui suit le Faux-Pas.
Alors que, même avertis, ils sont tous surpris de notre dégaine épuisée et plein de boue et ne savait même pas qu'on pouvait autant se salir dans les Cavottes. La grotte est plus fréquentée que certains coins des catacombes un vendredi soir ...
Les premiers sortent vers 3h40 et sont récupérés avec une voiture chauffée par une Emilie qui commençait à s'inquiéter.

Revenons quelques temps en arrière avec l'équipe de surface en solo. Outre cuire des pâtes, balayer, aspirer et éplucher les légumes pour la raclette du matin, un des objectifs était également de venir en renfort pour le portage dans les Cavottes, à la sortie du méandre. Pourquoi à la sortie alors que le passage le plus difficile est ce foutu méandre ? Considérant la progression glissante, frigorifiante et haletante (pour ne pas dire suffocante), ainsi qu'un sens de l'orientation légendaire de l'unique équipière de surface (le chemin va majoritairement tout droit, néanmoins deux passages piégeux demeurent dans les premières dizaines de mètres), nous nous sommes interdit ce choix. Le rendez-vous est fixé par l'équipe 2 à 21h ! ... Sans empressement (on connait la ponctualité des spéléos, encore plus quand ils explorent, et encore plus quand l'épopée est menée par l'abimé Arthur), l'équipière de surface arrive en sous-terrain au pied du P21 vers 21h30, un retard fort trop raisonnable. Armée d'un carnet à dessin, de mots fléchés et autres distraction sur téléphone, elle patiente... quelques allers-retours sur corde pour se réchauffer... dessin et mots fléchés... patience... méditation sur bougie de secours flamboyante... patience... au bout de 3-4h : il faut changer de stratégie. Braver l'interdit et rejoindre toute l'équipée dans le méandre (en espérant ne pas louper les bons tournants) sans savoir ni où, ni quand, et dans quel état de survie se trouvent les quatre autres compères... cela parait peu malin, mieux vaut éviter un sur-éventuel-accident. Le choix a été porté de revenir au camp de base et de réveiller un.e petit.e camarade en week-end speleo shooting. Nonobstant l'inquiétude, pas de place à la panique, le doute est raisonnablement laissé à la ponctualité hors pair de l'exploration. La remontée à la surface se fait tranquille, avec quelques pauses oreille tendue, et surtout trois rencontres impromptues : un promeneur solo (le souvenir est flou, mais i
l devait être sans casque sans baudrier), une petite bande de trois jeunes aventurier.es avec deux baudriers et un descendeur, puis un binôme en bivouac qu'il fallu enjamber en plein milieu du chemin. Chaque rencontre a fait l'objet de joyeux échanges et d'une explication sur la présence de la seule personne de ses alentours costumée en tenue de progression sécurisante. Ils sont prévenus que 4 autres ovnis bien moins présentables les croiseront sur leur passage (et croisons les doigts), et s'ils pouvaient passer le message "Emilie s'inquiète et vous attend en allant récupérer un.e acolyte, prévenez-la rapidement en sortant", ce serait chic de leur part. Ainsi, départ du fond du P21 vers 01H00 et arrivée à la voiture à 02h30, équipière habillée en civile et combinaison congelée au sol. Se poursuivent quelques tentatives d'appels auprès de Déborah, un envoi de SMS au groupe de l'explo en anticipation de leur sortie, un démarrage long et fastidieux d'une voiture rigide de froid, une purée de pois aussi épaisse que le nuage de lait de Yoplait et une conductrice légèrement myope sans binocle... la prudence n'a aucune limite. Enfin, le temps indéterminé du trajet routier et le passage entre la sortie du véhicule et l'arrivée dans la cuisine du logis dont la physique quantique seule sait ce qui s'est passé... fait arriver notre histoire à 03h40, heure de réception du message de sortie de Cassandra. Rassurée, Emilie retrouve une paire de lunettes et repart avec une voiture plus déterminée à rouler. De retour aux parking des Cavottes, elle récupère au compte goutte ses quatre acolytes à la face de déterrés (accoutrement global compris). La première abîmée, Cassandra, tétanisée par le froid accumulé et les morsures ardentes de l'air extérieur gelé, est mise dans la voiture chauffée. Le deuxième, l'abimé Jo, est retrouvé dans l'avant dernier couloir quatre pattes avant la sortie. La bien moins abîmée Emilie l'accompagne en portant le deuxième kit jusqu'à la voiture, puis retourne dans la cavité pour retrouver les deux derniers rescapés Arthur et Christian, on ne sait où mais debout, après leurs travaux de déséquipement. Suite au soutien sur la dernière ligne droite du portage, mise en route du chauffage de la deuxième voiture pendant que chacun se débarrasse de sa grenouillère bien crasseuse, retour au bercail pour un réconfort prometteur plein de fibres et de gras saturés dont la préparation a été commencée... mais pas terminée.


Il est 06h du mat', on est attablé devant la douce raclette, petit à petit le jour se lève... repu.es il est temps d'aller se coucher.
On remettra le couvert au lever vers 12h, et on passera le reste de la journée à laver et ranger le matos avant de rentrer tardivement sur Paris.



Des choses à revoir :
  • On n'a pas trouvé la Galerie des X qui est censée faire 100m de développement

  • L'arrivée d'eau (débit de quelques litres/secondes) à la base de l'escalade n'a pas été vérifiée

  • La topo est intégralement à refaire vus les décalages constatés, on s'est contenté d'un levé succinct

  • Il y a d'autres cheminées à voir au niveau du Lac

  • Une coloration serait à prévoir pour trouver par quelle cascade l'eau de la Belle Louise arrive au niveau du Lac

  • Le début de l'escalade du lac a été rééquipé proprement avec des Amarrages Forés en 16mm avec une corde de 35m de 2014 qui n'est sortie qu'une unique fois. L'accès au dernier palier d'assurage de l'escalade est équipé avec une corde de 11m de 2014 en état correct mais qui frotte (frottement a gérer en se positionnant correctement).

  • On a laissé une corde en fixe qui relie la tête du puits d'accès au lac à l'extrémité du lac où se trouve l'escalade, pour pouvoir se tirer avec un bateau plus facilement la prochaine fois

  • On pourrait faire un prélèvement de l'eau du lac ainsi que dans les 3 arrivées d'eau qui l'alimente dans le cadre d'un projet étudiant, ce qui permettrait d'essayer de trouver d'où peuvent venir ces 3 sources d'alimentation

  • On sentait un courant d'air assez net dans le Boyau en bas de la Boîte aux Lettres. Il faudrait revenir pour essayer de les suivre et voir si une autre entrée ou une suite pourrait exister ailleurs.


Le matériel sur la corde en fixe au niveau de l'escalade du Lac était récent.
En effet, les plaquettes inox Raumer "Alien" double trous, ont commencé à être commercialisée en 1993 (renseignement pris directement auprès de la société Raumer).

Une fois nettoyés au vinaigre blanc, on pouvait lire sur les mousquetons aciers ""G.C.P.M."

L'escalade avait donc été reprise après 1972, même si elle était équipée "à l'ancienne" avec 2 nœuds en Huit.
Il est donc probable que l'escalade du Lac ait été reprise dans les années 1990, peut-être même en 1995 comme l'escalade en haut du P21, potentiellement par la même personne ou le même groupe qui n'aurait pas communiqué au reste de son club.

Il reste encore beaucoup de choses à faire dans cette chouette grotte, on reviendra !





Participants

Jonathan B. , Christian D. , Deborah D. , Emilie G. , Cassandra H. , Arthur P.

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